Nous espérons qu'à travers celui-ci, vous prendrez plaisir à découvrir la vie de notre domaine. Vos questions et commentaires sont les bienvenus.
Pour d'autres informations, vous pouvez visiter notre site.
Nous vous souhaitons une belle ballade,
Bruno et Claudie Bilancini
02 novembre 2009
Canette toute simple au Tirecul La Gravière
En ce début novembre, le vrai temps d'automne a fait son retour. Les brouillards matinaux, le ciel chargé et les couleurs mordorées m'incitent à revenir aux fourneaux pour une recette goûteuse de saison.
La canette de Barbarie fera parfaitement l'affaire accomodée d'une sauce douce-épicée gràce à du liquoreux maison et au gingembre.
Faîtes revenir dans un peu de beurre votre canette sur toutes ses faces jusqu'au obtenir une peau dorée, en plus vous vous débarassez d'une bonne part du gras. Mettez dans une cocotte avec un demi litre e bouillon de volaille, bien poivrer; ajoutez une cuillerée (pas plus! sinon il dominera tout) de miel et hachez dessus finement un bon morceau de gingembre, bien sûr ne pas oublier le verre de liquoreux.Chez nous c'est forcément du maison, en l'occurence un joli fond de Château Tirecul La Gravière 2000.
Vous pouvez maintenant vaquer tranquillement pendant 1h30, le temps pour votre bébête de cuire dans votre cocotte couverte à four chaud (180°C environ).
Au moment de servir vous pourrez rajouter un peu de gingembre haché, légérement chauffé dans le jus réduit que vous aurez obtenu en déglaçant le fond de cocotte avec un peu de vinaigre balsamique et un peu de vinaigre de vin rouge pour l'acidité. Rectifiez l'assaisonnement, surtout en poivre.
Je l'ai servi avec une purée de céleri rave/pomme de terre : un délice !
Avec une chair fondante, une peau miellée juste caramélisée et les notes citronnées du gingembre, ce plat vous fait devenir gourmand. En plus c'est un magnifique accord avec du Château Tirecul La Gravière 2001 qui commence à aborder l'âge adulte dans une magnifique robe dorée. Sa liqueur se fond et s'accorde à merveille aux saveurs douces et à la chair de la canette.
14 octobre 2009
Les vendanges, c'est déjà fini !
Comme nous vous l'avions dit la semaine dernière, les vendanges ont démarré le lundi 5 octobre. Nous avons fait une petite pause jeudi, car le temps était instable. Nous avons repris dès le lendemain matin sous un ciel capricieux, mais finalement clément. Et terminé le samedi à 13h00 pile !
Nous avons fêté cela avec les vendangeurs avec quelques toasts et du château Tirecul la Gravière 2000. Il y avait également parmi nous Xiao qui est arrivé au domaine à 12h30. Il voulait arriver plus tôt pour vendanger avec nous, mais il a eu un problème de correspondance. Mais bon, c'est le geste qui compte ;o)

Ce moment de détente et d'échange dura une petite heure...
Un timing parfait : à 14h, il tombait des trombes d'eau ! Heureusement que nous avions tout ramassé avant. Cela nous a laissé le temps de nettoyer le pressoir et le chai. A 15h00, le soleil était revenu, et nous sommes partis chercher les dernières bastes restées dans les vignes (avec leurs couvercles) afin de faire une ultime pressée.
Cette année est vraiment marquée par le sceau de l'exceptionnel. Jamais nous n'avons vendangé aussi rapidement et fini aussi tôt. L'année la plus semblable fut 1995, mais nous avions alors fait deux tries à la suite l'une de l'autre. En 2009, nous n'avons effectué qu'un seul passage dans les rangs, tout en suivant un ordre de ramassage parcellaire bien précis.
Tous les lots sont d'une grande richesse, avec un bel équilibre. Dès le début des fermentations des arômes puissants et complexes se dégagent, semblant très prometteurs. D'après ce qu'il se passe dans des chais voisins, les levures ont l'air en pleine forme cette année : certains Monbazillac ont déjà fini de fermenter !
Nous vous tiendrons bien sûr au courant de la suite des évènements.
06 octobre 2009
Les vendanges, c'est parti !
Lundi matin, les paniers et les sécateurs attendaient avec impatience leur vendangeur respectif.
Cela fait presqu'un an qu'ils sont voués à l'inactivité.
Les bastes bien alignées attendent également leur heure...
Les vendangeurs écoutent attentivement les instruction de Bruno
Et c'est parti !
Les bastes se remplissent rapidement
(environ 140 dans la journée!)
Les grappes sont acheminées au pressoir
On ferme, et c'est parti pour 3 heures de pressurage lent.
Les premiers jus sont superbes. Riches mais équilibrés, avec déjà une impression de "gras" et beaucoup de longueur. Le vin qui en résultera est très prometteur ! 2009 est parti pour être une année exceptionnelle.
03 octobre 2009
Tous pourris !
Ce n'est pas un slogan néo-poujadiste remettant en cause la classe politique, mais une constatation faite dans les vignes: toutes les grappes sont atteintes de pourriture noble. Certaines commencent juste à changer de couleur, d'autres à se friper. Et puis il y en a qui sont vraiment "rôties", comme on dit. Voici un panorama des différents stades d'évolution photographiés hier dans les vignes.
Ca commence comme cela :
les grains changent de couleur, passant au mauve
On est ici au stade "pourri plein"
Lentement, les grains se déshydratent
On arrive doucement au stade rôti
Le voilà !
C'est sûr qu'il ne reste plus beaucoup de jus dans ses grains, et que les rendement sont faibles. Mais le résultat en vaut la peine : la cuvée Madame !
Les vendanges devraient démarrer lundi prochain. Nous vous tiendrons au courant. En attendant, voici quelques autres photos de raisins, plus "artistiques".
BON WEEK-END !
23 septembre 2009
Vins et vignerons du Sud Ouest
C'est le titre d'un livre de Paul Strang, journaliste anglais qui vit dans le Sud Ouest depuis 1961. Ce collaborateur de Decanter ou de Wine and Spirit s'intéresse depuis longtemps aux vins de sa région d'adoption. Son premier livre sur le sujet date de 1994.
La région ayant connu beaucoup de renouveau depuis une quinzaine d'années, avec l'émergence de nombreux domaines, il a choisi de réactualiser le livre qu'il avait écrit aux Editions du Rouergue en 1997.
Il est peu de dire que c'est le livre le plus complet à ce sujet, car peu d'auteurs s'intéressent à cette région viticole sous-estimée, et pourtant d'une grande richesse. Pas moins de 38 appellations différentes, du Tursan au Marcillac, de l'Irouléguy à la Rosette, Des vins de Saint-Sardos aux paillés de Corrèze. Et puis bien sûr les plus connues : Gailac, Bergerac, Madiran, Cahors... et Monbazillac !
Nous ne pouvons que recommander ce livre aux personnes qui s'intéressent à cette région.
La page qui est consacrée à Tirecul est disponible ICI.
17 septembre 2009
Les brouillards matinaux sont de retour. La pourriture aussi
Il y a une bonne semaine, le brouillard est revenu. Les derniers dataient du printemps dernier. Comme beaucoup le savent, ils sont l'une des conditions sine qua non pour le développement du botrytis. C'est en effet eux qui apportent l'humidité suffisante pour que la champignon se développe.
L'autre condition, c'est qu'il se lève en fin de matinée et qu'un beau soleil sèche un peu tout ça, parce que sinon, l'horrible pourriture grise prend le dessus.
Il ne reste plus qu'à souhaiter que ce cycle vertueux continue ainsi durant deux mois, et nous aurons une année exceptionnelle ;-)
Toutefois, le botrytis n'a pas attendu mercredi pour apparaître. Le ver de la grappe l'a aidé un peu, en perçant des grains ici et là. Pas de rang indemne, et ça ne va que s'accentuer dans les prochaines semaines.
Il y a aussi cette année pas mal de passerillage : le grain se déshydrate sans que le botrytis y soit pour quelque chose. Si cela peut être satisfaisant en Jurançon où le petit manseng est naturellement acide, il est préférable dans notre région d'avoir des raisins botrytisés, car l'action du "champignon magique" permet un meilleur équilibre (il consomme plus les sucres que les acides des raisins).
15 septembre 2009
Site en chinois : merci Xiao !
Il y a quelques jours, vous aviez pu voir une jolie page en chinois sur notre blog. Si vous aviez trouvé cela joli, nous ne pouvons que vous conseiller d'aller sur notre nouveau site en chinois : vous allez A-DO-RER !
Cela n'aurait pu se faire sans l'aide de Xiao Qi, que nous remercions ici.
Il nous reste beaucoup à faire pour que le marché chinois s'ouvre à nous, mais nous avons maintenant un support de communication à disposition de toute personne dans le monde qui maîtrise un tant soi peu le mandarin. Pas loin de 20% de la population mondiale, l'air de rien ;o)
Sinon, le raisin commence à être bien mûr, les feuilles à tomber. Les vendanges se rapprochent sérieusement...
08 septembre 2009
Une visite à Tirecul racontée par un blogueur
Il y a un mois, un passionné de vin nantais est venu au domaine pour une visite de deux heures. Ballade dans les vignes, descente au chai à barriques, dégustation de tous les millésimes, 2008 inclus. Il en est reparti enchanté, et le raconte dans son blog avec beaucoup de justesse et d'émotion. Le récit est en trois parties :
1 - Où notre blogueur se perd sur les petites routes de Monbazillac
2 - Ballade dans les vignes suivi d'un rafraîchissement salutaire au chai
3 - Où notre blogueur atteint l'extase
Merci à Fred pour ce beau reportage !
07 septembre 2009
C'est du chinois...
Non, ce n'est pas votre ordinateur qui est en panne. C'est vraiment du chinois qui est écrit ci-dessous. C'est en fait un test pour voir si notre blog accepte les caractères provenant de l'Empire du Milieu. A priori, oui. Mais si vous constatez une erreur, n'hésitez pas à nous le dire ;o)
1 参观酿酒房和酒窖
2 卓越的风土条件
介于海拔60和100米之间,所有的葡萄植株都或者面北或者朝东。如此得天独厚地理优势促使葡萄成熟的比较缓慢,从而增加葡萄酒香气和风味的复杂性和肥硕感。土壤主要由黏土和石灰质土组成,另有一部分土壤呈细沙质。硬质石灰石分布于坡面高处,用于酿制干白。园内的陡坡带提供了完美的排水系统。黏土的不透水性使得秋季的雾气得以保留较长时间,从而促进了贵腐霉菌(botrytis cinerea)在湿润的环境下顺利生长。
3 独一无二的品种互补
为了保存古老的梦巴兹雅克酒的特征,酒庄选择各以50%的园区栽培慕丝卡黛(Muscadelle)和赛美蓉(Semillon)。赛美蓉的醇厚,雅致和饱满的特性与散发着各种芳香的慕丝卡黛的清新宜人组成完美的搭配。
4 酿酒的主要步骤
首先,对于完全成熟的葡萄,我们采摘一部分用来酿制干白,另一部分等到贵腐霉菌发育完美时采摘,用来酿制甜白葡萄酒。做好这项工序需准确控制产量。这需要在每一个植株上下功夫。一般来说,1公顷地只能酿制2500到3500升干白,或600到1000升甜白葡萄酒!
这就是为什么我们在采摘和酿酒作业过程中小心翼翼的原因。采摘作业完全由手工操作,用手筛选,无论是为了干白还是甜白葡萄酒!筛选工作每年都要分几轮进行,有时甚至是逐个果实挑选,只留下贵腐霉菌发育到理想程度的果实。筛选工作经常从10月初至11月底,前后持续多个星期。之后,选好的葡萄要经过数小时的压榨以期提取的葡萄汁达到最佳状态。葡萄汁的流动只利用重力而无须泵抽。经过自然沉降,杂质清除之后,葡萄汁被转移到上等橡木桶中进行发酵。发酵时间越长,酿出的酒越醇香。
最后,在漫长的橡木桶培育过程中,毕朗西尼夫妇会不时品尝酒汁来决定何时结束培养和是否混合调配以得到拥有某种特性的佳酿。
02 septembre 2009
Guide Bettane et Desseauve : la perfection, ou presque
Le grand guide des vins de France de Bettane et Desseauve vient de sortir. Pas vraiment de surprise puisque les commentaires et les notes reprennent une bonne partie de ce qui avait été publié dans TAST en février dernier (dont nous avions parlé ICI). A quelques nuance près : même s'il avait été gouté en décembre dernier, le château Tirecul la Gravière 2005 n'avait alors pas été noté. Il obtient l'excellente note de 19/20.
Et puis la cuvée Madame 2005 qui avait eu 20/20 perd un demi-point pour revenir à 19.5/20. Cela permet de faire néanmoins partie des "stars de 2010" aux côtés de Petrus, Leroy, Salon ou du Clos des Papes.
A noter également que notre cuvée Andréa 2005 est classée dans les "meilleurs vins du Sud ouest". Un bel encouragement pour nous à continuer à produire ce vin atypique.
Vous trouverez ICI une synthèse de tout ce qui est dit sur Tirecul dans le guide.
22 août 2009
Le guide RVF 2010 est sorti !
Alors que les premières vendanges du millésime 2009 ont démarré en France, les différents guides de vins 2010 arrivent en ordre dispersé. Cette année, le premier sorti est le guide de la Revue des Vins de France. Pas de grands changements depuis la dernière édition. Le texte de présentation du domaine est inchangé. Et voici les appréciations des différents vins présentés cette année :
"Le bergerac (Mademoiselle 08) se révèle fruité, doté d'une belle acidité, équilibré et désaltérant. Le monbazillac 2005 est superbe, avec un beau botrytis souligné par un côté exotique et vanillé. En bouche, la matière présente de l'amplitude, de la suavité. Un vin savoureux. La cuvée Madame est selon nous, davantage confite mais également, plus harmonieuse ; la gestion de la douceur est parfaite et les saveurs d'abricot et de mangue lui donnent une dimension toute particulière. "
Monbazillac "Madame" 05 : 18 Château Tirecul la Gravière 05 : 16,5
Bergerac Mademoiselle 08 : 15 Bergerac Andréa 08 : 14
A suivre : le Bettane et Desseauve 2010
18 août 2009
Pendant que les aoûtiens bronzent, la vigne aoûte.
Nous parlions il y a peu de la véraison et des contre-sens qu'elle peut créer, voici un autre terme qui peut paraître curieux : c'est l'aoûtement. Ce terme correspond aussi à un changement de couleur : les rameaux passent du vert au brun. Mais surtout à une lignification. Au départ (relativement) souples, les rameaux se durcissent et deviennent durs comme du bois. C'est ce qu'ils deviennent d'ailleurs, et sont appelés ainsi en hiver (on taille et tire les bois).
Le raisin, quant à lui continue à mûrir, prenant des couleurs de plus en plus dorées.
07 août 2009
Le phylloxera rôde toujours...
Tous les amateurs de vins savent que ce puceron venu d'Amérique a dévasté les vignobles français à la fin du XIXème siècle. Celui-ci est arrivé dans notre pays parce des petits malins avaient voulu faire des croisements entre des vignes françaises et américaines. Or, les petites bêtes étaient logées dans les racines des plantes étazuniennes avec qui elles vivaient en bonne intelligence. Lorsqu'elles se sont attaquées aux vignes françaises, ce fut l'hécatombe que l'on sait. La seule parade fut de greffer des vignes française sur des porte-greffes américains. Du coup, les pucerons pouvaient piquer les racines autant qu'ils le voulaient : les nouvelles vignes ne bronchaient pas. Cette pratique continue de nos jours car il n'y a pas d'autre solution connue. Les chercheurs en ont même profité en sélectionnant des porte-greffes de plus en plus performants, soit en terme qualitatif, quantitatif, ou résistant par exemple à la chlorose.
Il existe en ce moment une mode des vignes "franches de pied" (vigne plantées sans porte-greffe), car elles apporteraient plus d'intensité et de personnalité aux vins. Cela ne peut se faire que dans des sols très sableux que le phylloxera n'apprécie guère. Car sinon, l'ennemi rôde. Nous en avons les signes à Tirecul. Nous n'en avons pas parlé jusque là, mais une partie du cycle biologique du phylloxera se passe dans les airs. Et là, il s'attaque aux feuilles, formant des galles. Il y place ses oeufs à l'abri des intempéries et des traitements, et peut ainsi se reproduire tranquillement.
Curieusement, il ne s'attaque qu'à la muscadelle, laissant le sémillon tranquille. Beaucoup d'extrémités de rameau sont touchées, mais à part le côté inesthétique, ce n'est pas suffisamment virulent pour bloquer la photosynthèse du pied et nuire à la qualité du raisin.
Il n'empêche que l'insecte nous rappelle sa présence, et que ce n'est pas demain que nous ferons du franc de pied à Tirecul.
02 août 2009
Etude sur la bio-diversite (ou un éloge de la patience)
Il y a quelques mois, nous avons été contactés par AgroBioPérigord pour savoir si nous étions intéressés de participer à une étude sur la biodiversité de la faune dans notre appellation. Comme une quinzaine de domaines, nous avons donné notre accord. Il faut dire que nous n'avons pas grand chose à faire, si ce n'est d'accepter qu'Aurélie installe deux pièges dans le vignoble. Un pour les "bébêtes qui volent" ; un autre pour celles qui rampent. Puis, une fois par semaine, Aurélie récupère les insectes piégés.

Il suffit d'enlever la bonde, de mettre une passoire en dessous, et le tour est joué !
Les bébêtes sont mises en suite dans une solution alcoolisée pour être conservées
Et ensuite, elle fait pareil avec les rampants.
Il reste à Aurélie de faire le plus difficile. Trier les différents insectes par espèce et les référencer. Son QG est à quelques kilomètres de Tirecul la Gravière, au château Theulet Marsalet. Elle n'a pas beaucoup d'accessoires. Une grande feuille de papier buvard, une pince à épiler...

mais surtout un guide de référence qui lui permet d'identifier avec précision chaque insecte.
Pas de nom précis pour chaque espèce, tout simplement parce qu'elles n'en ont pas toutes. A la place, un code. Celui-ci est référencé dans une base de données informatique qui permettra de faire un recensement précis à la fin de l'étude.
Ci-dessus, la liste d'un prélèvement hebdomadaire à Tirecul.
Il faut beaucoup de patience pour séparer et identifier chaque bestiole. Mais Aurélie les reconnaît de plus en plus vite, se rappelant même de leur code. La nature étant bien faite, elle a tout de même des nouvelles inconnues chaque semaine, histoire de ne pas tomber dans la monotonie.

Parmi elles, de jolis spécimens qui méritent d'être conservés.
Cette étude s'achèvera fin septembre. Et le dépouillement informatique, un peu plus tard. Lorsque nous aurons des résultats, nous vous en reparlerons.
31 juillet 2009
La véraison : mot déraisonnable?
C'est tout de même étrange, le choix des mots. Le moment où les raisins abandonnent leur couleur verte qu'ils ont depuis un petit mois s'appelle la véraison. Avec le verbe qui va avec : vérer. Est-il reconnu par l'Académie Française? Pas sûr. Il est en tout cas très employé par la filière viticole. Nous pouvons supposer qu'il se conjugue comme les verbes avérer ou gérer. La troisième personne du singulier est donc vère.
Aussi atteignons-nous un sommet de l'absurde qui aurait plu à Raymond Devos. Lorsque nous disons : le raisin vère ... il n'est plus vert !... mais jaune ... ou rouge ! Ca dépend de la couleur finale de celui-ci.
A Tirecul, nous n'avons que des raisins blancs (qui ne le sont jamais). Aussi n'aurez-vous que la version jaune (là encore, c'est d'une logique implacable). En tout cas, la véraison ne marque pas qu'un changement de couleur. Mais aussi de goût. Alors que le raisin vert donne un jus acide (le fameux verjus), celui du raisin véré est plus doux et plus sucré. Quasiment mangeable, même s'il sera meilleur dans quelque temps. Patience.
24 juillet 2009
Enquête sur le bergeracois de 1838 (2) : en vrac
Il y a quelques jours, nous vous parlions d'une enquête sur le vignoble bergeracois réalisée au XIXème siècle. Nous avons alors évoqué les nombreux cépages qui existaient à l'époque.
Voici quelques autres infos tirées de ce rapport du citoyen Brard.
Les rendements à l'hectare était de 9hl, à comparer aux 7hl/ha du XVIIIème siècle. Cette hausse spectaculaire du rendement s'explique par les plantations inconsidérées dans les plaines (sic). Autant dire que l'auteur de ces lignes serait effrayé par les rendements actuels !
Les crus les plus renommés des vins blancs de Bergerac sont situés sur la côte de Monbazillac : c'est là que se trouvent Saint Laurent, Marsalet, les Rolys, le Tirecul et les Thibauds. En revanche, les vins rouges de Bergerac auxquels on ne rend généralement point assez de justice sont sur la rive opposée. Ils sont bons à boire de trois à cinq ans et se conservent jusqu'à trente ans et au-delà, mais le commerce ne les employant que pour le coupage, il en résulte qu'ils perdent leur nom en arrivant à Bordeaux (re-sic!).
Pour finir, notre enquêteur a constaté qu'une majorité de vignerons tiennent compte de l'âge de la lune pour la taille de la vigne. On calme l'ardeur des jeunes vignes en les taillant à la lune vieille. Et on ranime la vigueur des vieilles vignes en les taillant en nouvelle lune. Observation ou superstition? Le débat n'est toujours clos...
(Source : Grand Bernard des Vins de France sur Bergerac et Monbazillac)
22 juillet 2009
Enquête sur le bergeracois de 1838 (1) : les cépages
Si les raisins continuent à gonfler, la vigne s'est presque arrêté de pousser. Il y a donc moins de travail dans les vignes, si ce n'est un traitement cuivre/soufre de temps en temps. Le commerce est lui aussi plutôt calme en ce moment : cela devrait reprendre en septembre. Tout cela pour dire qu'il y a un peu de temps en ce moment à accorder aux choses futiles, comme l'histoire du vignoble Bergeracois.
Au XIXème siècle, un minéralogiste et ingénieur des mine, Cyprien-Prosper Brard fut missionné par le préfet de la Dordogne afin d'étudier la viticulture bergeracoise. Il rendit son rapport en 1838. On y apprend des choses étonnantes.
Il a ainsi relevé le nom des cépages présents dans le vignoble : 38 produisant des vins de qualité et 24 plus productifs que qualitatifs. Dans les qualitatifs, nous retrouvons des noms connus comme le sauvignon, la muscadelle, le boucher (cabernet), le merlot ou le Pressac (Malbec). Mais aussi des cépages plantés aujourd'hui ailleurs : piquepoul, folle blanche, malvoisie, morillon (chardonnay), pineau, le fer (servadou) le chasselas. Et puis d'autres variétés aujourd'hui tombées dans les oubliettes de l'histoire : le guépier, le colombier roux, le merlicarlos, le canebrut, le pouchon rouge, l'enragé, le bouillant...
Dans les productifs, nous trouvons ... le sémillon blanc ! Qui s'est quasi généralisé pour produire les liquoreux au XXème siècle. Mais la plupart des autres n'existent plus : feuillefigue, greppe, dégoutant, pousse-vinette, couturier, grupin ou rouchalin...
(à suivre)
10 juillet 2009
Notre repas avec les Hong Kongais
Ce n'est pas souvent que nous pouvons voir des importateurs qui viennent d'aussi loin que Hong Kong. Par chance, il y avait fin juin Vinexpo, à environ 80 kms de Tirecul. Autant dire que le plus gros du chemin était fait pour l'équipe de One Red Dot ;-)
Arrivés en milieu de matinée, ils ont pu faire un tour dans les vignes, puis au chai. Déguster quelques barriques et deux cuves. Et enfin, ils se sont attablés pour un repas préparé sur place.
Avec la cuvée Mademoiselle, ils ont mangé :
Du thon cru, sésame grillé & menthe
Puis avec le Tirecul la Gravière sec 2002, leur a été servi :
Les fameuses Saint Jacques à la truffe blanc & jambon cru,
avec quelques lamelles de vieille tome de chèvre
Pour continuer, une Madame 2004 avec
les roulés de dinde aux fruits secs (recette donnée le 06/07)
Nous avons ensuite testé plusieurs liquoreux sur quelques fromages
(chèvre affiné, bleu et pavé d'Auge)
Et pour finir, une salade de pêches & abricots, amandes grillées
Nos amis ont pu manger à leur faim, découvrir des accords intéressants, et réussi à repartir à l'heure pour ne pas rater leur train à Bordeaux . C'est pas beau la vie ?
06 juillet 2009
Roulés de dinde aux fruits secs
Ce plat a été préparé pour la venue de nos importateurs de Hong Kong. L'idée est bien sûr de pouvoir être accompagné d'un vin liquoreux de Tirecul (Madame 2004, par exemple). C'est très simple à faire et ne demande pas beaucoup de travail.
Il faut (pour 6 personnes) :
15g de beurre
300g d'oignons
200g de fruits secs (raisins, abricots, pruneaux, mangue, figue...)
50 de pignons
10cl de Monbazillac
10cl d'eau
1 belle pincée de Ras El Hanout
6 escalopes de dinde
Faire revenir le beurre dans une petite casserole. Ajouter les oignons ciselés, les laisser revenir quelques minutes, puis ajouter le monbazillac, l'eau, le Ras El Hanout et les fruits secs. Bien mélanger, couvrir et laisser mijoter une petite heure en surveillant et en remuant de temps en temps.
Bien égaliser les escalopes. Les aplatir un peu si besoin afin de pouvoir les rouler facilement. Les saler et les saupoudrer de Ras el Hanout, puis les napper des élements les moins grossiers du mélange précédent (oignons, pignons, raisins). Puis rouler les escalopes et les emballer individuellement de film alimentaire (spécial micro-ondes de préférence pour qu'il résiste à la chaleur. Les faire alors cuire 10 mn à la vapeur. Puis les laisser reposer deux minutes. Les défilmer alors.
Vous pouvez les passer à la poêle dans du beurre chaud afin de leur donner une jolie couleur (et un goût de viande dorée). Mais là, nos amis avaient un train à prendre. Il fallait donc faire dans la simplicité.
Si vous les faites dorer, déglacez la poêle avec un peu de Monbazillac. Ca vous fera un jus de cuisson.
L'accord avec Madame 2004 était superbe. Ce qui est génial avec ce genre de plat, c'est que vous n'avez plus l'impression de boire un liquoreux. Seulement un vin qui se marie parfaitement avec !
01 juillet 2009
Salon " Blogs & Vignerons"

Nous attendions depuis un certain temps cette rencontre entre vignerons - blogueurs. Cela faisait quelques mois que nous nous échangions des mails sur les tous les problèmes à résoudre autour de celle-ci. Nous sentions que les choses se mettaient progressivement en place, et ENFIn arriva le jour J !!!
Nous avons obtenu cette belle salle au Château Luchey-Halde grâce au passé bordelais de David Lelièvre, producteur de Côtes de Toul. Situé à Mérignac, c'est le pôle viticole de l'ENITA, école d'ingénieurs agronomes. Nous étions donc cernés par les vignes, ce qui est très sympa lorsqu'on fait une manifestation autour du vin :-)
La salle était vaste, ce qui a permis à chacun de prendre ses aises. Enfin, surtout nous : apparemment il y avait un nombre impair de participants ; nous avons été les seuls vignerons à avoir une table rien que pour nous ! Les autres ont dû partager. Ceci dit, nos 4 bouteilles semblaient perdues sur cette grande table ;-)
Chaque vigneron avait un ordinateur portable allumé sur son stand afin que les visiteurs (ou les autres vignerons) puissent consulter le blog (il y avait une borne WI-FI) dans la salle. Comme nous n'avons pas été assaillis par la foule - la notoriété d'un salon ne se fait pas du jour au lendemain - nous avons eu le temps de déguster pratiquement l'ensemble des vins présents sur le salon (ça doit n'en faire qu'une petite centaine, ridicule, quoi !). Pour résumer en quelques mots : diversité (champagnes, secs et liquoreux, vins issus de gamay, mourvèdre, cabernet, chardonnay, pinot noir, tempranillo, macabeu, tempranillo, touriga nacional, muscadelle, sémillon, merlot...) et homogénéité de la qualité. Au pire, c'était bon. Et souvent très bon, voire excellent (comme par exemple cette vendange tardive d'Alicante Bouschet du producteur italien) !
Excellent aussi était le buffet concocté par le traiteur Lacoste. Ayant été un peu optimiste sur le nombre de visiteurs, nous avons goûter et regoûter ces délicieuses petites mises en bouche. Les visiteurs de dernière minute arrivés vers 19h00 ont même pu profiter de l'apéritif dinatoire!
Ce que nous avons constaté au long de cette journée, c'est que les visiteurs ont passé énormément de temps dans cette salle, discutant longuement avec chaque vigneron présent. Certains sont restés carrément la journée. C'est bon signe : cela veut dire que l'on se sent bien parmi nous ! Et si c'est vrai que d'un point de vue purement bizness, ce ne fut pas une réussite exceptionnelle, tous les participants ont été enchantés par cette journée. Certainement parce qu'au delà de nos spécificités, nous partageons notre passion de faire du vin, de le faire découvrir, mais aussi les mêmes valeurs d'authenticité. Du coup, nous avons bien l'intention de maintenir ce lien et de l'exprimer en d'autres lieux, réels ou virtuels. Bref, le début d'une belle aventure commune !




























































